Dans le paysage d’une bouffée d’air frais,
Il parcoure la neige, de soie et de mélodie
Laissée jusqu’à la hauteur de ses genoux,
l’empreinte de ses pas derrière lui,
Il respire cet air clair et laisse sur ses joues,
des ruisseaux de larmes aux flocons jeunes.
Tend vers l’avant ses mains; une après l’autre,
une après l’autre. Que fait-il donc ? Dessiné
du trait d’un crayon doux, son hôte;
cet hivers de neige l’invite être pour rêver.
Course sans culbutes, à travers les sentiers des félins,
les oiseaux entre et sur les branches et à se sauver;
lièvres et perdrix boréales, une après l’autre ses mains.
Pourquoi courir dans cette nature au toit étoilé ? Il
imagine un coussin moelleux pour s’y laisser tomber.
Là : vibrer; il écoute le battement de son cœur, le fait-il ?
Accroché au bout de sa ligne
L’immense poisson s’est dit : Lui, il ne m’aura pas
aussi facilement. Le saumon repart vers l’Atlantique…
Au même instant, sa canne bel et bien arquée,
notre pêcheur lance, à travers sa longue barbe :
‘’Nous verrons bien qui de nous surprendra l’autre.’’
Que notre pêcheur bondit d’un saut sur ses skis,
dans l’instant en direction de l’océan. Qui des deux
a l’instinct pour survivre ? L’un et l’autre était-ce leur destin?
Comme à l’hivers, un se laissant glisser sur les galets, comme
au printemps, l’autre retournant parmi les siens. Un et
l’autre, oubliant à tout égard, que pour l’automne ils y étaient.
Ils étaient assis là, côte à côte avec le soleil du printemps
Il la regardait, la brise gonflant sa chevelure et la trouvait si réelle.
Elle le regardait, lui remarquant de loin l’arrivée des oies blanches et des outardes.
Ils étaient tous les deux à s’observer.
Ils vibraient ensemble à ce rythme : les vagues du lac et
les courants d’air. Les deux êtres en réflexion,
s’entraidant à rester longtemps, être en plein air…
Je regarde ces montagnes d’automne et au soleil triomphant.
Je frissonne, assis sur mon balluchon, j’imagine la gambade.
Où sont les cervidés et les las félins,
sautillant dessus-dessous les troncs et les ruisseaux ?
Où sont à travers ces courants ceux à contre-courant ?
Fort sommes-nous les hommes à s’imaginer de tels scénarios.
Abreuver les ruisseaux d’eau claire, de nos pleurs en duo. Je
frissonne et par joie, quelle justesse le chemin des oies.
En migration et à se nourrir, à plonger par les vents et les
Mers, les voir éclorent : arbres de fleurs et bourgeons.
Pourquoi dansez-vous ?
Quelques mois d’hivers passés, la douce brise printanière
les accompagne au son du boisé dans tout son éveil. Hier,
aujourd’hui et demain, quelques amis sont en forêt. Ils
peaufinent le maniement… Entre deux arbres et sur un fil.
À bondir en équilibre, ils dansent à ensemencer la terre. Où
vont les mots ailleurs qu’entre leurs bouches et leurs oreilles ?
‘’S’enfouir pour grandir, comme des graines imaginaires.’’

