« Mais, tu vois là-bas, qu’est-ce qui vole au-dessus de la branche enneigée ? »
« Attends, je dois rêver, pourrait-ce être une abeille ou quoi encore ? »
« Allons voir, nous lui demanderons ce qu’elle fait là, seule… »
« Que fais-tu donc là avec tes ailes fragiles à te promener joyeuse au-dessus de notre hiver ?
« Oui, et que portes-tu pour braver le froid ? » S’interrogent les deux amies.
« Oh, bonjour, que me vaut ce détour de votre part ? Vous avez raison d’être en interrogation…
Eh bien, je suis ici pour vous accompagner tout au long de votre chemin. »
« Voilà que vous arrivez à point, nous commencions à manquer de lumière,
quelle chance de t’avoir aperçu dans l’ombre. »
« Voilà exactement pourquoi j’étais ici… à la tombée de la nuit, j’éclaire le chemin des voyageurs.
Je vous attendais tout en me gardant au chaud à jongler et à chanter. »
« Vous me surprenez, vous ne connaissiez pas l’existence de notre famille d’abeilles ? »
« Je croyais qu’il n’y en avait qu’une. »
« Ah oui ? Vous savez celles qui vont de fleurs en fleurs pour y fabriquer le miel !
Celles-là peuvent parcourir des dizaines de kilomètres en une seule journée.
Elles s’enduisent du pollen des fleurs et reviennent à la ruche
où la reine y rayonne. On les appelle les abeilles ouvrières. »
«Nous sommes heureuses de l’apprendre…»
« Eh bien moi, je suis une protégée de la reine et je vis à l’intérieur de son imaginaire. »
Que les deux acolytes éclatent de rire ! « Vous vivez dans son imaginaire ? »
« Tout à fait, à guider votre course à travers cette saison nocturne, nos reines visent
à s’attirer la sympathie des humains. »
« Vous avez déjà notre sympathie, puisque nous adorons ce que vous faites. »
« Oui et encore plus, quand les champs de fleurs demeurent sauvages, le royaume de nos reines s’agrandi et quand ils sont domestiqués, celles-ci doivent s’adapter et là,
quelques-unes d’entre-nous y perdent leurs ailes… »
« Que nous sommes cruels, les humains à vouloir tout domestiquer,
merci beaucoup pour votre lumière, abeille de magie. »
« Reprenons le voyage mes chères amies, vous verrez bien :
Il n’y a pas que des ouvrières ! Allons, j’éclaire votre chemin… »
Les deux amies s’en allaient, de clarté, avec cette
joyeuse jongleuse pour ne jamais l’oublier…
